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Produit de contraste pour scanner : utilité, risques et nouvelle réglementation 2024

Marie Rousseau 5 min de lecture

L’examen par scanner, ou tomodensitométrie, nécessite parfois l’injection d’un produit de contraste pour améliorer la visibilité des structures anatomiques. Si cette étape suscite des interrogations ou de l’appréhension, elle est une pratique courante et hautement codifiée. Comprendre son utilité et le fonctionnement de l’injection permet d’aborder cet examen avec sérénité.

Pourquoi utiliser un produit de contraste lors d’un scanner ?

Le produit de contraste est une substance, le plus souvent iodée, injectée par voie intraveineuse pour modifier temporairement l’atténuation des rayons X dans les tissus. En rendant certains organes ou vaisseaux plus opaques aux rayons, il permet au radiologue d’obtenir une image contrastée, indispensable pour différencier des tissus sains de zones pathologiques.

Infographie du parcours patient pour un scanner avec produit de contraste
Infographie du parcours patient pour un scanner avec produit de contraste

L’injection n’est pas systématique. Elle est prescrite lorsque l’indication médicale l’exige, notamment pour l’angioscanner, qui permet de visualiser précisément l’anatomie des artères et de détecter des anévrismes ou des sténoses. Elle est également utilisée pour la caractérisation de lésions, afin de différencier une tumeur d’un kyste ou d’une inflammation, ainsi que pour l’exploration neurologique, en mettant en évidence une rupture de la barrière hémato-encéphalique.

Le déroulement de l’injection : sensations et précautions

Une fois en salle d’examen, l’injection est réalisée par un manipulateur en électroradiologie ou un médecin radiologue. Une perfusion est posée, généralement au pli du coude ou sur le dos de la main, avant le début de l’acquisition des images.

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Il est fréquent de ressentir une sensation de chaleur diffuse, qui se propage souvent du thorax vers le bas du corps, ainsi qu’un goût métallique passager dans la bouche. Ces sensations sont normales et disparaissent en quelques secondes. Durant l’injection, il est nécessaire de rester parfaitement immobile pour garantir la netteté des clichés.

Il existe parfois un phénomène de diffusion du produit dans les tissus cutanés, appelé extravasation. Le produit, au lieu de suivre le flux sanguin, s’infiltre dans les tissus mous environnant le point de ponction. Bien que cela puisse provoquer une légère douleur ou un gonflement local, la prise en charge immédiate par l’équipe médicale permet de limiter tout risque de complication cutanée.

Sécurité et contre-indications : ce qu’il faut signaler

La sécurité du patient est la priorité lors de l’administration d’un produit de contraste. Certaines situations nécessitent une vigilance accrue ou une adaptation du protocole.

Antécédents allergiques et risques rénaux

Avant l’examen, vous devez signaler tout antécédent de réaction allergique aux produits iodés ou à d’autres substances. Bien que les réactions graves soient rares, avec une incidence estimée à moins de 0,5 %, une surveillance est systématiquement mise en place. Par ailleurs, la fonction rénale est évaluée via le taux de créatinine, car le produit de contraste est éliminé par les reins. En cas d’insuffisance rénale sévère, des précautions particulières, comme une hyper-hydratation avant et après l’examen, sont nécessaires.

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Diabète et thyroïde

Les patients traités par metformine pour un diabète doivent parfois suspendre leur traitement le jour de l’examen et pendant les 48 heures suivantes, en raison d’un risque théorique d’acidose lactique en cas d’insuffisance rénale concomitante. De même, les antécédents d’hyperthyroïdie non contrôlée doivent être déclarés, car l’iode peut influencer le fonctionnement de la glande thyroïde.

Approvisionnement : dois-je apporter mon produit ?

Une mise à jour importante de la réglementation a simplifié le parcours patient depuis mars 2024. Pour la grande majorité des scanners réalisés avec une injection intraveineuse, les centres d’imagerie fournissent désormais eux-mêmes le produit de contraste.

Vous n’avez plus besoin de vous rendre à la pharmacie avec une ordonnance pour récupérer le flacon avant votre rendez-vous. Cette mesure sécurise la chaîne d’approvisionnement et garantit la disponibilité immédiate du produit conforme aux normes de qualité. Toutefois, pour certains actes spécifiques comme les arthroscanners ou les infiltrations articulaires, une prescription spécifique reste parfois nécessaire. Vérifiez les consignes transmises par votre centre d’imagerie lors de la prise de rendez-vous.

Conseils pour après l’examen

Une fois l’examen terminé, l’élimination du produit de contraste se fait naturellement par les urines. Il est recommandé de boire environ 1,5 litre d’eau dans les heures suivant le scanner, sauf avis médical contraire lié à une pathologie cardiaque ou rénale spécifique. Cette hydratation aide vos reins à filtrer le produit plus rapidement et limite les risques de fatigue rénale. Si vous allaitez, le passage du produit de contraste dans le lait maternel est négligeable et ne nécessite généralement pas l’interruption de l’allaitement.

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En résumé, voici les points essentiels à retenir pour votre examen : après l’injection, buvez beaucoup d’eau pour favoriser l’élimination. Si vous suivez un traitement par metformine, signalez-le au médecin pour gérer l’arrêt temporaire. Informez le radiologue de tout antécédent d’allergie dès la prise de rendez-vous. Enfin, sachez que l’allaitement peut se poursuivre sans interruption après l’examen.

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